1. URBANISME – ASSAINISSEMENT
Question :Vous avez joint urbanisme à . Pourquoi ?
Marc Gizard : Pour que notre « village soit propre, il faut de l’assainissement. C’est la b.a. ba de toute construction. Et nous sommes pour l’assainissement collectif, gage de pérennité et d’efficacité. Surtout dans un milieu argilo-calcaire comme l’est celui des terres de la commune. Nous voulons de plus faciliter la vie des Carignanaises et Carignanais. Ainsi comme une partie de la commune n’est pas desservie en assainissement collectif, il est impensable d’y continuer des constructions.
Question :Parce que vous auriez voulu continuer la construction à Carignan ?
Marc Gizard : Nous avons voté un Plan Local d’Urbanisme en 2002. Nous nous en tenons à ce plan qui est notre charte et notre engagement. Toutes les zones sont actuellement construites sauf une derrière le Pontet. Nous n’irons pas plus loin, mais nous ne voulons pas permettre des constructions de densification de secteurs qui ne sont pas desservies en assainissement collectif, nous agirons à périmètre constant du PLU : pas d’agrandissement de la zone urbaine sur les zones A ou N.
Question : Dans les zones desservies, pensez-vous qu’il faille densifier selon les directives gouvernementales pour lutter contre l’étalement urbain ?
Marc Gizard : Nous y sommes là aussi opposés. Il en va de la qualité de vie à Carignan. Imaginez un peu des terrains de 1200 à 1500 m² qui viennent à se diviser pour ajouter une voire deux maisons dans la limite autorisée du coefficient d’occupation des sols. Voilà un voisin de plus qui peut-être va faire un étage et qui va plonger sur votre jardin et sur votre maison. L’exemple typique est la maison qui vient d’être construite sur l’allée qui va de Lartigotte à Petit Borie.
2. LES LOGEMENTS SOCIAUX « Ils n’ont rien fait en six ans ! »
Question : Mais alors que faites vous pour les logements sociaux qui vont nous être imposés ?
Marc Gizard :La législation vient de passer de 20 à 25 % la quantité obligatoire de logements sociaux qu’une commune doit avoir sur son territoire. L’équipe que je présidais entre 2001 et 2008 avait prévu une évolution de la loi et avait précédé le mouvement : mais en créant des logements sociaux répartis dans les lotissements neufs ou dans le tissu urbanisé de Carignan, nous n’avons pas créé de poches dédiées entièrement à ces logements : nous avons fait de l’urbanisme et nous avons préparé l’avenir tout en réservant à la demande locale de quoi rester sur Carignan. Qu’ont fait nos successeurs, tant Jean Jamet qu’Abdel Ahabchane ou Delphine Philippeau ? Rien en 6 ans. Aujourd’hui ils se réveillent en voulant nous faire peur, en invoquant la loi et tous les responsables administratifs locaux qui pourraient prendre Carignan pour point de mire de la résistance aux logements sociaux. De quel droit parlent-ils ? Ils devraient s’accuser eux-mêmes pour n’avoir rien prévu, rien vu venir, rien préparé. Et de plus pour n’avoir rien offert aux nombreux Carignanais qui désirent se loger sur la commune et qui n’ont pas les moyens de s’offrir un terrain et une maison sur le marché.
Question : Reste que les directives nationales existent ?
Marc Gizard : Bien sûr ! encore que le mouvement ne sera sans doute pas à la mesure des souhaits gouvernementaux. Nous savons depuis longtemps que le logement en France est plus cher que partout ailleurs, alors que le gouvernement y consacre annuellement 44 milliards d’euros auxquels s’ajoutent les aides fiscales évaluées à 14 milliards. Avec des résultats médiocres quant aux mises en chantier, conditions même d’une évolution positive de la question. Quant on dit 25 % de logements sociaux, encore faudrait-il pouvoir les construire, c'est-à-dire avoir l’argent pour le faire, ce qui est loin d’être évident. Bercy mène actuellement la chasse aux gaspi, la politique du logement en étant une version.
Question : Mais quand même, il faudra s’efforcer de rejoindre l’objectif des 25 % qui n’est pas atteint aujourd’hui sur la commune ?
Marc Gizard : Nous sommes actuellement environs à 16 %. Le différentiel sera l’objet d’une sorte d’amende que l’on appelle "contribution". Mais quelque soit la sanction ou la non sanction, il faut accroître le nombre des logements sociaux qui constitue la contrepartie des constructions libres sur la commune. C’est ce que nous avons fait entre 2001 et 2008 puisque nous avons fait au total plus que tous les maires antérieurs. Comment continuer ? Pas dans n’importe quelles conditions. Il en va de notre patrimoine, de notre cadre de vie, de notre agrément de vie.
Question : Comment concilier tant de contradictions ?
Marc Gizard : Pourquoi parler de contradictions ? Parce que nous voulons à la fois un espace carignanais ouvert où la densité ne nous conduise pas à être les uns sur les autres, et en même temps répondre aux impératifs du mal logement ou du pas logement du tout ? La contradiction n’est qu’apparente. Nous avons prouvé que nous pouvions faire du logement social réparti harmonieusement sur la commune, en particulier dans des lotissements de qualité. Nous voulons analyser les besoins, les confronter à nos réalités, décider avec cœur et intelligence.
Question : Il y a aussi une question de générations ?
Nous pensons souvent les logements en fonction des jeunes. Et les anciens ? Après une vie de labeur, lorsque le temps est venu de réduire la voilure pour des raisons diverses (revenus amoindris à la retraite, décès du conjoint, etc), il est juste d’honorer nos anciens par des conditions de vie agréables et reconnaissantes. Le maintien à domicile demeure aujourd’hui une condition essentielle de vie. A nous d’être imaginatif, soit que nous créions des logements sociaux adaptés, comme nous avons déjà commencé à le faire autour du centre commercial, soit que nous facilitions une sorte de complémentarité jeunes – anciens dans l’occupation des logements existants. C’est aussi un challenge que nous voulons relever.
Nous le pouvons, nous le devons.