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LA QUESTION DU COLLEGE : POSITION DE MME PHILIPPEAU

Claudel ou Mandela ?

 

Publié le 26/10/2012 à 06h00 par

CHRISTIAN BOISSON

Mardi soir, une réunion était organisée pour informer les parents d'élèves de la répartition des collégiens envisagée par le Conseil général pour la rentrée 2013.

 

Mme Philippeau Collège Mandela
La décision du Conseil général ne satisfait pas les familles désirant toutes rester à Latresne. © Photo PHOTo C B.

 

Ce sont des parents d'élèves très remontés contre le Conseil général qui se sont réunis mardi soir à l'initiative de la mairie, à la salle polyvalente de Carignan. À l'ordre du jour, le sujet qui fâche et qui n'en finit pas de rebondir, faute d'adopter une solution. Cette solution, pourtant, pourrait bien sortir du chapeau le 17 novembre, date avancée par le Conseil général pour rendre sa décision. De quoi s'agit-il donc ? C'est une histoire de carte scolaire qui préconise une nouvelle répartition des collégiens de la commune. Jusqu'à présent, ceux-ci sont scolarisés à Latresne. Le Conseil général doit cependant faire face à deux problématiques : d'une part, le collège de Latresne est à saturation avec un effectif de 914 élèves pour une capacité de 900, et, d'autre part, un lourd investissement a été consacré, à Floirac, à la construction d'un établissement ultramoderne en lieu et place de l'ancien collège Yves-du-Manoir. Il se trouve que ce nouveau collège, baptisé Nelson-Mandela, n'accueille que 250 élèves pour une capacité de 600. Le principe développé par le Conseil général serait de désengorger Latresne et de remplir légitimement le collège Nelson-Mandela à la prochaine rentrée 2013.

Ne pas couper le village

Sur le fond, les familles peuvent entendre le raisonnement, mais c'est sur la forme que ça bloque. « Le Conseil général a décidé de couper la commune en deux, explique Delphine Philippeau, première adjointes aux affaires scolaires. Sur la base des deux tiers/un tiers, la partie nord de la commune irait à Floirac (soit 116 élèves), tandis que la partie sud resterait à Latresne (soit 55 élèves). »

Tollé général des parents jugeant cette décision injuste et scandaleuse. « Il faut faire corps solidairement et refuser en bloc cette alternative », lâche une maman en colère. D'un coup, la température monte d'un cran dans la salle où chacun s'insurge contre cette décision jugée inacceptable. Abdel Ahabchane, adjoint aux affaires sociales, a toutes les peines du monde à contenir la cinquantaine de parents venus aux nouvelles. « Le Conseil général propose deux autres alternatives, poursuit Delphine Philippeau. Soit tous les collégiens de Carignan (soit 171 élèves) vont à Nelson-Mandela, soit les sixièmes, cinquièmes et quatrièmes de Latresne migrent sur Floirac. » Nouveau brouhaha dans l'assistance.

 

Se croire indésirables

 

En fait, aucune des propositions du Conseil général ne convient aux Carignanais. «Nous sommes des indésirables, clame un père furieux, approuvé par toute l'assemblée. Cette séparation de la commune, c'est pire que la ligne de démarcation durant la guerre. Mais à quelle époque vit-on ? On se fiche de nous ! » L'atmosphère est particulièrement échauffée. Abdel Ahabchane doit arbitrer le débat et donner la parole à tour de rôle car la réunion tourne à la cacophonie.

Tenir tête au Conseil général

« Ces décisions sont prises arbitrairement, sans concerter les citoyens, déclare à son tour Jean-Marie Lacoste, le président de l'Association des parents d'élèves de Carignan (Apecar). Il ne faut pas déroger de notre demande. Nous refusons de voir notre village coupé en deux et nous imposons que nos enfants scolarisés à Latresne poursuivent leurs études jusqu'au bout à Latresne. » Approbation de la majorité des parents entrecoupée par des avis divergents sur le réalisme d'une telle demande. «Et pourquoi pas, alors, accepter de laisser partir tous nos enfants à Mandela, propose Delphine Philippeau. Ce serait fait avec panache et ce serait même un pari sur l'avenir ! »

Dans la salle, des voix s'élèvent. « Le niveau scolaire de Mandela est bien inférieur à celui des autres collèges », lance une maman. « Et puis, un jour, Floirac va gonfler sa population et on nous mettra dehors », lâche une autre.

Le constat était clair mardi soir. Les parents savent ce qu'ils ne veulent pas mais ont du mal à expliquer ce qu'ils veulent vraiment. Un rendez-vous va être demandé très prochainement au Conseil général afin de tenter encore une ultime négociation.

Carignan-de-Bordeaux  http://www.sudouest.fr/2012/10/26/claudel-ou-mandela-861184-2939.php

 

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